D'argent, à la bande de gueules
Telles sont les armoiries de la ville de Strasbourg. Cette ville était la capitale du
landgravinat de Basse-Alsace (ou Nordgau), lequel était dirigé depuis 1156 par les comtes de Werd, originaires de Woerth, près d'Erstein. A partir de 1376, la famille comtale de
Werd produisit également les évêques de Strasbourg. Leurs armoiries (qui devinrent également, de fait, celles de Basse-Alsace, devenue beaucoup plus tard le département du Bas-Rhin),
mentionnées pour la première fois en 1262, étaient de gueules à la bande d'argent côtoyée de deux cotices fleuronnées du même :
Au XIIIe siècle, comme dans de nombreuses autres villes, les bourgeois, dont l'importance et le poids étaient grandissant, tentèrent progressivement de s'imposer dans le
pouvoir de la ville de Strasbourg. En 1214, ils obtiennent le droit de créer un conseil ; mais l'étape décisive a lieu en 1262. Cette année-là, en effet, les bourgeois de Strasbourg se soulèvent
massivement contre le pouvoir de l'évêque, Walter de Geroldseck, qui tenait alors la ville, et livrent contre son armée la bataille d'Hausbergen. Les bourgeois remportent cette bataille et
peuvent désormais s'emparer du pouvoir de la ville de Strasbourg, qu'ils érigent en "ville libre". Les bourgeois de Strasbourg dotent leur ville d'armoiries nouvelles, qui sont toujours celles de
la ville, d'argent, à la bande de gueules. Ces armoiries sont issues des armoiries comtales dont les émaux ont tout simplement été inversés. Supportées par un lion, elles apparaissent
pour la première fois sur une charte municipale de la ville en 1399. Mais on peut déjà les voir sur le rôle d'armes de Zurich, rédigés aux alentours de 1350 (illustration ci-dessous, en bas à
droite).
Concomitamment aux armoiries, la ville de Strasbourg possédait également une bannière depuis 1208, fort réputée à l'époque, représentant une Vierge assise sur un trîne d'or,
tenant de la main dextre un sceptre d'or et sur le bras senestre l'Enfant Jésus. De chaque côté était représenté un écu aux armes de Strasbourg. Cette bannière a été malheureusement détruite
en 1870, mais nous en avons conservé une représentation du XIIIe siècle, de laquelle on a tiré cette image en 1894 :

Composition attribuée à Hans Baldung Grien, Vitrail aux armes de la ville (1523)
Voici la représentation actuelle des armoiries de Strasbourg :
Pour en savoir plus :
http://www.unionpourstrasbourg.fr/Armes-de-Strasbourg
Retrouvez les Compagnons de Valérien le 30 juin 2007 à l'occasion de la réouverture du Musée Historique de Strasbourg.
Site internet du musée : http://www.musees-strasbourg.org/F/musees/historique/historique.html
D'azur à la croix d'or remplie de gueules, cantonnée de quatre fleurs de lys d'or.
Ce sont à l'origine les armoiries de l’éveque de Clermont. Leur
usage s’est étendu au chapitre de la cathédrale puis à la ville dont l’éveque était le seigneur jusqu’au XVIe siecle. La croix est peut-être un rappel de la première croisade qui fut
prêchée à Clermont en 1095. Les fleurs de lys, quant à elles, symbolisent les forts liens existant depuis longtemps entre l’éveché de Clermont et les rois de France.
Ces armoiries à la croix et aux fleurs de lys apparaissent pour la première fois aux alentours de 1300.
Suite à de nombreux conflits opposant les comtes d'Auvergne aux évèques de Clermont, le comte Guillaume VI décida de construire, en 1120, une ville nouvelle près de Clermont, appelée Montferrand.
Les armoiries de cette nouvelle ville figurent un lion, comme le montrent un sceau et un contre-sceau de Montferrand datés de 1226. Il semble que l'utilisation de cet animal comme emblème
héraldique soit dû au fait que Marquise d'Albon, l’épouse de Guillaume VII, comte d’Auvergne, était la fille de Guigues IV dit « Dauphin » (d'où le terme de « dauphins
d'Auvergne » pour désigner les successeurs de Guillaume VII), comte du Viennois, apparenté à la famille des comtes de Nevers, dont les armoiries contenaient justement un lion.
C'est en 1630, par l'édit de Troyes, que furent réunies les villes de Clermont et de Montferrand, union définitivement scellée en 1731 sous le nom de Clermont-Ferrand.
En 1960, enfin, le Conseil municipal de Clermont-Ferrand adopte officiellement les « grandes Armes de Clermont », qui ajoutent aux armoiries d’origine des éléments
para-héraldiques. L’écu est aux armes de Clermont, la couronne murale composée de tours crénelées rappelle l’origine gallo-romaine de la ville et les deux lions qui entourent l’écu évoquent donc
l’emblème héraldique de Montferrand. On les a armés d’une lance dont le pennon est aux couleurs du gonfanon des anciens comtes d’Auvergne, qui furent seigneurs de Clermont après les éveques. Les
branches d’hévéa qui soutiennent le nom de la ville indiquent l’importance de l’industrie du caoutchouc. A la pointe de l’écu, enfin, est suspendue la croix de guerre 1939-45. La devise de la
ville est : « Arverna civitas nobilissima » (la très noble cité arverne).
http://www.clermont-ferrand.fr
http://www.montferrandmedieval.org/
Pour un compte-rendu de la fête de Montferrand, cliquez ici !
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