Les évolutions de la forme de l'écu héraldique (1/2)

Publié le par Godefroy de Nancey

L'écu est la surface géométrique aux délimitations variables sur laquelle prennent le plus souvent place les armoiries. Tout au long du Moyen Âge, et même après, la forme de l'écu a varié. Ces évolutions ne sont pas franches, et l'écu est toujours resté de forme variable, à toutes les époques. Il n'y a donc pas un type d'écu bien défini pour une période bien définie. Toutefois, on peut discerner dans cette évolution quelques lignes de force générales.

La forme de l'écu héraldique la plus courante est celle de l'écu militaire (c'est-à-dire le bouclier), et elle connaît sensiblement les mêmes évolutions, du moins jusqu'à la fin du XIVe siècle.

I. L'écu primitif

La forme de l'écu primitif est très instable, tout comme l'est celle de l'écu militaire. Les combattants devaient en effet d'équiper à leurs frais, ce qui explique les différences dans leur équipement, y compris dans la forme de l'écu. De manière générale, on peut discerner deux formes principales d'écu au XIIe siècle : l'écu en amande, et l'écu en coeur ou en toupie.

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En France, particulièrement, l'écu s'aplatit de plus en plus en son sommet pour former, à la fin du XIIe siècle, un triangle isocèle dont les angles supérieurs sont arrondis.

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Au cours de la première moitié du XIIIe siècle, la longueur de l'écu diminue nettement, pour s'allonger à nouveau un peu dans la deuxième moitié du siècle.

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Les côtés ont tendance à être assez droits, surtout le côté supérieur, qui est même parfois concave dans la seconde moitié du XIIIe siècle.

L'écu s'achemine alors vers la forme dite "classique".

 

II. L'écu classique

 A partir du milieu du XIIe siècle, l'écu se fixe dans une forme qui ne connaît plus que de légères variantes jusqu'à la fin du XVe siècle. C'est cet écu que l'on qualifie de "classique". Il s'impose particulièrement en France.

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A partir de la fin du XIVe siècle, l'écu militaire disparaît progressivement des batailles et des tournois, rendu inutile par les armures de plates. Il reste cependant le support privilégié des armoiries.

 

III. L'écu à pointe arrondie

Il s'agit là de la plus importante variante de l'écu triangulaire. Cet écu apparaît en Espagne à la fin du XIIe siècle, et lui restera longtemps attaché. Il affecte la forme d'un U.

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Dès le début du XIIIe siècle, cet écu se répand dans le Sud-Ouest de la France ; il touche, au milieu du siècle, le Languedoc, la Provence, le Dauphiné, et même la Savoie. Puis il se répand dans toute l'Europe où il existe concurremment (bien que dans des proportions généralement moindres) à l'écu classique.

 

 à suivre...

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